Catherine, directrice de ferme-école


Avant d’être directrice dans l’école élémentaire de Laleu, Catherine s’occupait de l’éducation prioritaire à l’inspection. Elle travaillait sur un important projet sciences autour de 13 écoles et du collège Mendès France. L’idée était de construire des jardins dans les écoles comme vecteur pour impliquer les élèves, même les plus récalcitrants, dans de multiples tâches où il fallait lire, compter, mesurer, peser, avoir une règle de vie et des gestes précis. C’est lors des démarches de mise en place de ce projet qu’elle a rencontré Sébastien de Graines de Troc.
Etant donné que l’école de Laleu était inscrite dans ce projet, l’année précédent l’arrivée de Catherine un jardin avait déjà été mis en place avec un tutorat entre les classes de sixième et de grande section. Les enfants avaient semé et cultivé, puis fait des soupes de leurs récoltes qui ont été dégustées pendant l’atelier des parents au collège.

Par le biais du tutorat, les petits ont participé aux ateliers scientifiques des collégiens et ont par exemple examiné des graines à travers le microscope. Les grands étaient ravis de s’occuper des plus petits; c’était pour les élèves en difficulté un moment valorisant où ils se trouvaient en capacité d’expliquer le cours assimilé. “Il y a tant à faire autour des graines, on peut passer du dessin au schéma avec une légende, on peut faire un travail scientifique sans s’en rendre compte!”, nous dit-elle.
Depuis un an, Graines de Troc poursuit les travaux du jardin et en contribue à mobiliser toute l’école sur ce projet. Un espace dédié au poulailler a également été crée avec aujourd’hui quatre poules qui y vivent. Très vite les enfants se sont approprié la démarche en rapportant des graines pour contribuer à l’évolution du jardin et ont la joie de rentrer chez eux avec des légumes quand il y en a. De toutes les variétés présentes dans le jardin les graines sont récoltées et ressemées. Aussi, un tirage au sort est organisé chaque semaine pour qu’un élève reparte avec les oeufs pondus par les poules.

 

En fin d’année dernière, deux chèvres ont cohabité pendant 2 mois dans l’enceinte de l’école. Les enfants étaient ravis de s’occuper d’elles, de les nourrir à tour de rôle. Selon Catherine, c’est la responsabilité accordée qui a induit un comportement exemplaire chez les enfants. Du côté des enseignants, leur sentiment de confiance accru souligne la réussite du projet.
Un avenant au projet d’école a été posé pour ce projet jardin auquel toutes les classes participeront cette année. Et tout est déjà bien organisé avec un planning pour les poules, un autre pour le jardin afin que chaque semaine une classe nettoie le poulailler, ramasse les œufs, donne à boire et à manger aux poules, ou s’occupe du jardin.

L’année dernière, le jardin avait servi de ressource pour un projet scientifique pour lequel les enfants, accompagnés de leurs enseignants, avaient fait couver des œufs fécondés à leurs poules. Ils ont ainsi assisté à cinq naissances, l’aîné étant même venu au monde le premier avril! Un tel évènement a littéralement passionné les grands comme les plus petits.


Le projet jardin est associé cette année aux TAP et au centre social Vent des îles avec la création dans l’école d’un Contrat Local d’Aide à la Scolarité. Le soir, accompagnés par un animateur du centre social, les enfants qui restent au temps de garderie feront leurs leçons puis des activités, dont certaines au jardin.
 

Peu importe pour Catherine que l’encadrant soit enseignant, animateur des TAP ou du centre social, car c’est toujours le même élève qui est présent et qui a besoin d’une cohérence. C’est pourquoi tous travaillent autour d’une même priorité, qui cette année est celle du jardin, afin que l’enfant constate le lien et la logique des actions dans lesquelles il s’investit.
Aussi, en plus d’enrichir l’expérience des élèves, ce mélange d’approches du jardin favorise l’implication de ceux-ci. Ainsi les parents eux-mêmes peuvent témoigner que leurs enfants ne vont pas uniquement au jardin pour se détendre.
C’est dans ce sens que deux enseignants de l’école sont en train d’élaborer un cahier pédagogique avec calendriers, photos, dessins, schémas, afin qu’il y ait un réel suivi et une progression entre les mains de chaque élève concernant les travaux autour du jardin.
Un système d’affichage va également être disposé à l’entrée du jardin pour informer des travaux en cours afin qu’il y ait une continuité et une logique dans le relais entre les différents intervenants. Toute l’équipe se répartit ainsi les tâches en fonction des saisons.

 

Les familles sont elles-mêmes conquises par cette mini ferme à l’école et participent joyeusement aux festivités comme la fête qui a eu lieu lors de l’arrivée des chèvres. C’était en fin d’année scolaire dernière où, tout en dégustant du fromage et des jus bio, ils ont pu découvrir l’environnement particulier dans cette école, ainsi qu’un exposé drôle et instructif résumant les travaux des enfants. (dixit photos)

D’autres établissements veulent désormais se mettre au vert à La Rochelle et demandent ainsi conseil à Catherine. L’école de Villeneuve les Salines a même proposé à celle de Laleu de faire un échange de graines avec une de leurs classes de CP par le biais d’une correspondance postale entre les enfants.

La voie est ouverte. Elle est simple, accessible, et passionnante!
Et vous, savez-vous planter les choux?

 

Et la ferme à l'école, c'est évidement grâce à tous les profs qui entourent Catherine qu'elle prend vie tous les jours.

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